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Planches, notices des planches

Manuscrit supplément persan 985.

1 — Reliure d’un exemplaire du «Trésor des Secrets», poème mystique de Nizami, copié en 1537-1538 pour le sultan sheïbanide de la Transoxiane, Aboul Ghazi Abd el-Aziz Béhadour Khan (voir n-os 3, 19, 20, 21, 22).
Les deux plats de cette reliure, en cuir repoussé et doré, sont identiques; le sujet principal représente une gazelle attaquée par un dragon.

Manuscrit supplément turc 316.

Recueil des oeuvres poétiques, en turk oriental, de Mir Ali Shir Névaï, vizir du sultan Hoseïn ibn Baïkara Mirza, souverain timouride du Khorasan, copié aux environs de 1526, à Hérat, par Ali Hedjrani, sous le règne du sultan sheïbanide Keuchkentchi (1510-1530), voir planches 15-18.
2 (fol. 2 r°). — Rosace octogonale, contenant, inscrits dans de petits cercles, les titres des ouvrages de Mir Ali Shir Névaï qui sont contenus dans ce manuscrit. Cette rosace, qui est probablement le chef-d’oeuvre de ces enluminures géométriques, est d’une grande sobriété de ton: le noir et le bleu en sont les couleurs dominantes, comme elles le sont de toutes celles qui ont été exécutées aux époques mongole et timouride, le noir représentant la Terre Noire, le bleu, le Ciel Bleu, qui étaient les deux divinités principales des tribus turkes.[1]

Manuscrit supplément persan 985.

Le «Trésor des Secrets», poème mystique de Nizami, copié en 1537-1538 par Mir Ali et enluminé par le peintre Mahmoud pour le sultan sheïbanide de la Transoxiane Aboul Ghazi Abd el-Aziz Béhadour Khan (voir planches 1, 3, 19, 20, 21, 22).
3 (fol. 2 v°). — Page enluminée contenant le commencement du «Trésor des Secrets»; cette enluminure, presque tout entière peinte en noir et en bleu, est un chef-d’oeuvre comparable à la rosace reproduite dans la planche 2 et qui orne l’exemplaire des oeuvres d’Ali Shir copié vers 1526.

Manuscrit ancien fonds persan 174.

Traité d’astrologie et de talismanique par Nasir ed-Din Mohammed el-Sivasi qui le composa à Akséraï, dans le pays de Roum, en 1276. Les peintures qui ornent ce manuscrit sont d’une facture grossière et elles ont été très endommagées. Un autre traité de Nasir ed-Din Mohammed, dédié au sultan seldjoukide du pays de Roum, Ghiyas ed-Din Kaï-Khosrav III (1267-1283), se trouve dans ce même manuscrit. La copie est vraisemblablement contemporaine de la date à laquelle ce dernier livre fut écrit, ou tout au moins très peu postérieure, c’est-à-dire qu’elle remonte à la fin du XIII siècle.
4 (fol. 116 v°, 121 v°). — Les deux anges qui sont reproduits dans cette planche sont manifestement copiés sur des peintures ou sur des mosaïques byzantines d’une très bonne époque. L’influence de l’art byzantin sur la technique des peintres qui travaillaient dans l’empire des Seldjoukides, le pays de Roum, est très facilement explicable. Il y avait des relations certaines entre l’empire grec et les sultans seldjoukides dont les états étaient contigus: c’est à Nicée, à la cour de Michel Paléologue, que se réfugia, en 1261, le sultan seldjoukide Izz ed-Din Kaï-Kaous, quand il fut obligé d’abandonner le pouvoir à son frère Rokn ed-Din, qui partageait avec lui, de par la volonté de l’empereur mongol, la souveraineté du pays de Roum. Abagha, prince mongol de la Perse, épousa sur ces entrefaites la princesse byzantine Marie, fille de l’empereur Michel Paléologue (Pachymères, Histoire d’Andronic Paléologue, Rome, 1669, infolio, livre VII, chap. 22, page 427). On sait par Pachymères (Histoire de Michel Paléologue, éd. Migne, Patrologie grecque, vol. 143, pages 568-9) que la mère du sultan seldjoukide Izz ed-Din était chrétienne, et que Izz ed-Din, quand il se fut réfugié à la cour de l’empereur grec, se conduisit comme s’il avait été chrétien (Nicéphore Grégoras, Histoire Romaïque, Paris, 1702, in-folio, page 55). D’ailleurs, les Seldjoukides, comme les Turcs osmanlis, avec lesquels ils étaient sortis de la Transoxiane, avaient de lointaines traditions chrétiennes; on sait que le clan qui devait devenir la tribu seldjoukide avait fait partie des tribus ouïghoures chez lesquelles régnaient le Christianisme, le Manichéisme, qui est un Christianisme mélangé d’éléments mazdéens, et le Bouddhisme.

Manuscrit supplément persan 1113.

Histoire des Mongols par Rashid ed-Din, vizir des sultans Ghazan et Oltchaïtou, terminée en 1303; le manuscrit, dont beaucoup de peintures ont été arrachées, et qui n’a ni commencement ni fin, a été très vraisemblablement exécuté dans les premières années du XIV siècle; ses peintures sont un spécimen très important de l’art de cette époque, et elles sont extrêmement précieuses pour l’étude du costume des Mongols.
5 (fol. 198 v°). — Abagha, prince mongol de Perse et son fils Arghoun, assis sur un trône, quatre autres princes mongols reconnaissables à leurs coiffures ornées de plumes; plusieurs serviteurs.
6 (fol. 203 v°). — Abagha, prince mongol de Perse, assis avec l’une de ses femmes sur une sorte de trône chinois; une autre de ses épouses est à la droite du trône, et son fils Arghoun paraît à gauche; plusieurs princes se tiennent devant eux. Les deux princesses portent la singulière coiffure nommée par les Mongols bokhtakh, qui était réservée aux épouses légitimes du souverain.
7 (fol. 208 r°). — Geïkhatou, prince mongol de Perse, assis sur un trône chinois, se dispose à faire le procès des généraux dont les dissensions avaient provoqué des troubles après la mort de son frère Arghoun; il interroge l’émir Shingtour Noyan qui se trouve à genoux devant le trône; d’autres généraux paraissent à droite.
8-9 (fol. 227 v°-228 r°). — Peinture tenant une double page du manuscrit et représentant Ghazan, sultan de Perse, assis sur le trône avec une de ses épouses; quatre autres sont assises à droite du trône sur de petites chaises nommées sandali par les Mongols. Devant la table chargée de bouteilles de liqueurs, se tiennent trois officiers mongols reconnaissables à leur bonnet chinois et deux docteurs musulmans coiffés du turban. Quatre princes mongols, coiffés de bonnets de plumes, se tiennent à gauche du trône; celui qui se trouve le plus en haut est sans doute Oltchaïtou, frère de Ghazan, qui lui succéda dans la souveraineté de la Perse.
10 (fol. 240 r°). — Ghazan, ceint de la couronne et assis sur un trône, regarde un général mongol danser devant lui.

Manuscrit arabe 5036.

Traité des constellations par Abd er-Rahman el-Soufi, copié et illustré pour le sultan timouride de la Transoxiane, Oulough Beg, fils de Shah Rokh, fils de Timour. L’exécution de ce splendide manuscrit doit se placer à une date un peu antérieure à l’année 1437, à laquelle les astronomes d’Oulough Beg terminèrent à Samarkand les calculs astronomiques qui eurent pour résultat la rédaction des Tables d’étoiles dites d’Oulough Beg.[2]
11 (fol. 82). — Les constellations du chasseur de serpents et du serpent; les étoiles sont représentées par de gros points en or, à côté desquels se trouvent des lettres arabes par lesquelles elles sont désignées. Le personnage qui tient le serpent dans ses mains est vêtu à la mongole, avec un habit qui s’attache à gauche, comme dans les peintures du manuscrit 1113 (planches 5-9), et il a le type chinois très nettement accusé, de même que le serpent, qui rappelle les dragons du Céleste Empire.

Ce manuscrit, dont les peintures sont le chef-d’oeuvre de l’art timouride de la première période, alors qu’il suit encore complètement les procédés de l’école mongole, contient dans sa première partie, la seule qui soit illustrée, le récit en turkoriental, écrit en caractères ouïghours, de l’ascension au Ciel et du voyage dans le monde infernal que fit le prophète Mahomet; ce traité est traduit d’un livre arabe. Le manuscrit, dont les peintures ont beaucoup souffert, a été copié à Hérat, en 1436, par Mélik Bakhshi, sous le règne du sultan timouride Shah Rokh Béhadour.[3]
12 (fol. 9 r°). — Le prophète Mahomet, monté sur la Borak, est précédé par l’archange Gabriel qui le conduit dans les sphères du monde intangible; ils sont entourés des anges. On trouve encore dans cette curieuse peinture les traces de l’influence de l’art byzantin, auquel a été empruntée très manifestement la facture des ailes des anges[4], mêlées aux procédés des écoles mongoles qui sont très aisément reconnaissables dans les vêtements, les figures et l’attitude hiératique des personnages, ainsi que dans les nuages contournés qui flottent dans le ciel, et qui sont nettement inspirés des sinuosités onduleuses des dragons chers à l’art du Céleste Empire. Ce syncrétisme, étrange à première vue, n’a rien d’extraordinaire quand on le compare à celui qui se remarque dans un tableau de Gentile Bellini (1429- 1507) du musée Brera, la Predica di S. Marco nella piazza d’Alessandria d’Egitto, dans lequel on voit un saint Marc, plutôt romain et classique que byzantin, entouré de femmes turques du harem du Grand Seigneur et de gens de loi musulmans, dans un décor où l’on distingue la colonne de Pompée, les tombeaux des khalifes du Caire, l’aiguille de Cléopâtre, la basilique de Saint-Marc de Venise et des maisons arabes ornées de moucharabis.
13 (fol. 45 v°). — Le prophète Mahomet, toujours guidé par l’archange Gabriel, arrive au bassin du Kaotser, dans le paradis, sur les bords duquel se dressent des coupoles de rubis, d’émeraudes et de perles, ornées d’inscriptions coufiques.
14 (fol. 57 v°). — Mahomet, monté sur la Borak et conduit par l’archange Gabriel, arrive dans l’enfer devant des réprouvés, suspendus par des crocs au-dessus d’un feu qui est attisé par un démon.

Manuscrit supplément turc 316.

Recueil des oeuvres poétiques, en turk oriental, de Mir Ali Shir Névaï, copié par Ali Hedjrani, aux environs de 1526[5], à Hérat, dans les dernières années du règne du sultan uzbek Keuchkentchi Khan (1510-1530), voir n° 2. Les quelques peintures qui ornent ce manuscrit constituent l’un des chefs-d’oeuvre de l’école timouride du Khorasan; l’artiste anonyme qui les a exécutées[6] appartient à la fois à l’époque des Timourides, qui prit fin avec la chute du sultan Bédi el-Zéman Mirza († 1517), et à celle des Sheïbanides.
15 (fol. 169 r°). — Le sheïkh de Sanaan adressant un discours à une jeune femme.
16 (fol. 350 v°). — Le roi sassanide de Perse, Bahram Gour, à la chasse; sa favorite, Azadè, joue de la harpe, montée à cheval.
17 (fol. 356 v°). — Le roi Bahram Gour et l’une de ses femmes dans la coupole noire; le roi et la princesse sont tous les deux vêtus de manteaux noirs brochés d’or.[7]
18 (fol. 415 v°). — Bataille entre les troupes d’Alexandre-le-Grand et celles du roi de Perse, Darius. Le splendide costume du cavalier, au-dessus de la tête duquel on tient un parasol, et qui représente le héros grec, est très vraisemblablement celui avec lequel les derniers Timourides du Khorasan et les premiers Sheïbanides se montraient à leurs sujets.

Manuscrit supplément persan 985.

Le «Trésor des Secrets», poème mystique par Nizami; exemplaire copié à Boukhara, en 1537-1538, par le célèbre calligraphie Mir Ali[8], et enluminé par un peintre nommé Mahmoud pour le sultan uzbek, Aboul Ghazi Abd el-Aziz Béhadour Khan. Les peintures, les enluminures, l’écriture (voir planche 3), la reliure (voir planche 1), sont d’une admirable exécution.
19 (fol. 1 v°). — Peinture représentant vraisemblablement le sultan Abd el-Aziz Béhadour Khan, à qui un personnage, Mir Ali, ou le miniaturiste Mahmoud, présente l’exemplaire illustré du «Trésor des Secrets» de Nizami. Le style de cette admirable peinture est complètement différent de celui des deux suivantes, et il n’est pas sûr qu’elles soient de la même main; on y retrouve toutes les caractéristiques des belles peintures de la bonne époque séfévie, et on y remarque l’afféterie sentimentale et les poses alanguies des miniatures séfévies, qui contrastent si étrangement avec la raideur mécanique des peintures des écoles mongoles et des écoles timourides de la première époque.
20 (fol. 34 r°). — Le roi de Perse, Khosrav Anoushirvan, et son ministre dans un jardin, à côté d’un édifice en ruines; cette peinture, signée Mahmoud comme les deux suivantes, est tout à fait comparable à celles du manuscrit des oeuvres d’Ali Shir Névaï copié vers 1526 (voir planches 15-18), et elles appartiennent comme elles à la seconde phase de l’école timouride.
21-22 (fol. 41 r° et 40 v°). — Peinture signée Mahmoud et datée de 1545, tenant une double page du manuscrit et représentant une vieille femme qui vient demander justice au sultan seldjoukide Sindjar, accompagné d’une escorte. Ces trois dernières peintures sont peut-être le chef-d’oeuvre des écoles post-timourides de la Transoxiane et du Khorasan qui ne devaient pas tarder d’ailleurs à disparaître. L’intervalle de sept années qui sépare la date à laquelle ce manuscrit a été copié de celle à laquelle fut exécutée sa dernière peinture, montre le temps que les artistes orientaux consacraient à leurs oeuvres.

Manuscrit supplément persan 1428.

Poème en mesnévis intitulé «les Qualités des Amants mystiques», par Bedr ed-Din Hilali. Ce manuscrit, qui est d’une très belle exécution, a été copié et illustré en 1543, à l’époque à laquelle régnait en Perse le roi séfévi Shah Tahmasp I-er.
23 (fol. 20 r°). — Plusieurs personnages, amoureux d’un jeune homme, lui promettent de se sacrifier pour lui, mais se sauvent tous quand un lion vient les attaquer; le jeune homme tue le lion et massacre ensuite les autres personnages.

Manuscrit supplément persan 489.

Le Livre des Rois de Firdousi; exemplaire terminé en 1546, vraisemblablement dans la Transoxiane, sous le règne du sultan sheïbanide Abd el-Latif. Les peintures de cet exemplaire, qui provient de la bibliothèque des rois de Perse, se rattachent directement à celles de l’école timouride de la seconde époque; on remarquera dans la présente miniature les costumes mongols dont sont vêtus les personnages.
24 (fol. 16 v°). — Le premier roi universel du monde, Gayomarth, entouré des premiers hommes et de tous les animaux sauvages qui, à cette époque lointaine, vivaient en paix les uns avec les autres au lieu de s’entre-dévorer.

Manuscrit supplément persan 1187.

Le Boustan de Saadi, exemplaire copié à Boukhara par le calligraphe Mir Hoseïn el-Hoseïni en 1556, pour le sultan uzbek Naurouz Béhadour Khan. Ce manuscrit, d’une splendide exécution, aussi bien pour l’écriture que pour les peintures, est un beau spécimen de l’art post-timouride tel qu’il fleurit à la cour des Sheïbanides de la Transoxiane, et il n’est qu’un peu inférieur au «Trésor des Secrets» de Nizami dont plusieurs peintures ont été reproduites dans les planches 19-22.
25 (fol. 27 v°). — Un sot scie la branche d’un arbre sur laquelle il est monté; deux femmes au balcon d’une maison et un jardinier le regardent avec stupéfaction. Sur le fronton de la maison, à laquelle on pourra comparer celle de la planche 15, est peinte une inscription en arabe ainsi rédigée: «Sous le règne de l’empereur Aboul Ghazi Naurouz Béhadour Khan 963 (1555) de J.-C.».[9] On remarquera le type chinois des deux femmes qui est tout à fait comparable à celui des personnages de la planche 12, et infiniment plus prononcé que dans les peintures de l’époque mongole.
26 (fol. 76 r°). — Un jeune homme jouant de la flûte au balcon d’une maison à laquelle on comparera également celle de la planche 15. Un derviche danse devant la maison. La même inscription que celle de la planche précédente se lit au fronton de l’avant-corps de la maison.
27 (fol. 90 r°). — Le sultan de Syrie, Mélik-i Salèh, assis sur un trône, sous un dais, dans un jardin, et entouré d’officiers; devant lui, se trouvent deux derviches qu’il avait rencontrés la veille dans une mosquée. Cette peinture, qui a malheureusement été endommagée à gauche, donne le portrait du sultan sheïbanide pour lequel ce volume a été exécuté, entouré de gens de sa cour. La même inscription arabe, mais sans la date, se lit au fronton du kiosque.

Manuscrit supplément persan 1559.

Les «Séances des Amants mystiques», recueil de biographies de Mystiques célèbres, attribué, d’ailleurs à tort, au sultan timouride du Khorasan, Kémal ed-Din Sultan Hoseïn ibn Sultan Mansour ibn Baïkara Mirza ibn Omar Sheïkh, fils de Timour.[10] Manuscrit d’une belle exécution, dont quelques-unes des peintures sont fines, quoique appartenant déjà à l’art de la décadence, non daté, mais vraisemblablement de la fin du XVI siècle. Plusieurs de ces peintures sont copiées directement sur des originaux de l’époque mongole, par exemple, celle qui se trouve au folio 197 recto. Le copiste se nomme Ahmed el-Hafiz et le peintre, Djélal ed-Din Baghnavi. L’écriture de ce manuscrit présente identiquement les mêmes caractéristiques que celle du manuscrit 1313.
28 (fol. 253 r°). — Le sultan seldjoukide Sindjar assis sur le trône dans sa tente, Mahsati joue de la harpe devant lui. Un échanson lui présente une coupe pleine de fruits. A côté de Mahsati, se trouve un jeune homme qui est son mignon.
29 (fol. 260 r°). — Pir Boudagh, fils du sultan Djihanshah, fait jeter dans l’eau un de ses mignons qu’il avait surpris avec une jeune femme. Comme dans les très belles peintures de l’époque séfévie (voir planches 34 et 35), les hommes ont des figures si fines et si délicates, qu’à première vue, on risque de les prendre pour de très jeunes femmes, surtout quand l’artiste les représente avec la boucle de cheveux ondulés, le zoulf, qui est l’apanage des beautés persanes.

Manuscrit supplément persan 1313.

Histoire des Prophètes par Ishak ibn Ibrahim ibn Mansour el-Nishapouri; manuscrit d’une très belle exécution, non daté, qui a probablement été exécuté à la fin du XVI siècle. Les deux premières pages contenaient, dans un encadrement en or et en couleurs, le nom du prince pour lequel cet exemplaire a été exécuté, mais ces mentions ont été effacées, probablement par ordre de l’un des empereurs timourides de l’Inde à la bibliothèque duquel il a appartenu.
30 (fol. 72 v°). — Shoaïb (Jéthro) et Moïse, les deux filles de Shoaïb dont l’une devint la femme de Moïse; les deux prophètes ont la tête nimbée d’une colonne de flammes contournées comme les nuages qui flottent dans le ciel, et la jeune fille qui se trouve à droite a nettement les yeux obliques comme ceux des femmes représentées dans la planche 25. Les peintres postérieurs ont réduit la flamme prophétique à une langue de feu en forme de poire.
31 (fol. 79 v°). — Moïse, avec la flamme prophétique, accompagné de son frère Aaron, évoque un dragon pour dévorer le Pharaon. Le dragon, avec ses replis sinueux et contournés, est venu en droite ligne de la Chine. Cette curieuse peinture est signée Agha Riza.
32 (fol. 147 v°). — Alexandre-le-Grand, assis sur un tapis au pied d’un arbre dans un jardin traversé par un ruisseau, interrogeant les hommes vêtus d’habits bleus qui habitaient dans les îles de la mer d’Orient, où il était arrivé par stratagème après son expédition infructueuse à la ville de cuivre de l’Occident.

Manuscrit supplément persan 1572.

Recueil de peintures persanes et indiennes de différentes époques.
33 (fol. 5). — Portrait d’une dame persane vêtue d’une robe de brocard d’or.
34 (fol. 7). — Portrait d’un échanson uzbek.
35 (fol. 10). — Portrait d’un échanson uzbek; cette miniature est formée d’un dessin au trait très finement exécuté et rehaussé seulement de quelques touches de couleur.
Ces peintures ne sont point datées; il est possible qu’elles remontent à la première moitié du XVI siècle; on trouve des turbans à grosses côtes identiques à ceux qui se remarquent dans les planches 34 et 35, et de petits béguins identiques à ceux de la planche 33, dans les peintures du «Trésor des Secrets», dont l’une, reproduite dans la planche 19, appartient à un manuscrit daté de 1538. Ces caractéristiques se retrouvent également dans les miniatures d’un Livre des Rois daté de 1607 (voir la notice de la planche 37). L’exécution des peintures de ce Livre des Rois est inférieure à celle des planches 33-35, et elle est évidemment postérieure à la date de ces dernières miniatures.

Manuscrit supplément persan 1171.

Recueil de modèles de calligraphie et de peintures détachées.
36 (fol. 2 r°). — Jeune homme tenant une coupe à la main. L’exécution de cette peinture, qui n’est point datée, doit se placer dans la seconde moitié du XVI siècle.
37 (fol. 30 v°). — Souverain à cheval, auquel un berger présente un chevreau au milieu d’un paysage champêtre; la petite tente d’étoffe noire brochée, que l’on voit dans le bas de la composition, et à côté de laquelle une femme trait une vache, était nommée alatchouk par les Turks. Cette peinture ne porte aucune date, et il se peut qu’elle remonte à la seconde moitié du XVI siècle. Elle est intermédiaire entre les précédentes et celles d’un Livre des Rois qui a été terminé en 1607 de l’ère chrétienne (1016 de l’hégire), dont le copiste se nomme Mohammed ibn Molla Mir el-Hoseïni, et dans lesquelles on trouve, comme dans les planches 33-35, les turbans à grosses côtes et les petits béguins pointus.

Manuscrit supplément persan 1029.

Recueil des cinq poèmes en vers mesnévis de Nizami. Exemplaire de grand luxe (voir la reliure, planche 64) copié en 1619.
Bien qu’elles appartiennent par leur date à l’époque séfévie[11] et à la décadence de ses écoles de peinture, ces miniatures, qui sont d’une splendide exécution, ont été copiées, et assez peu rajeunies, sur un manuscrit beaucoup plus ancien, environ d’un siècle, qui appartenait très probablement à l’école timouride du Khorasan.
38 (fol. 4 v°). — Le prophète Mahomet, monté sur la Borak et guidé par l’archange Gabriel, entouré des anges. Comme dans la peinture du manuscrit supplément turc 190 (planche 12) qui représente cette même scène, l’archange tient un étendard qui flotte au vent. Les nuages aux formes contournées sont les mêmes que ceux que l’on a déjà vus dans cette peinture, ainsi que dans celles des manuscrits des écoles timourides. Mahomet et l’archange Gabriel ont le visage voilé, comme dans les miniatures postérieures.
39 (fol. 49 v°). — L’une des scènes les plus gracieuses de l’art persan: le roi sassanide de Perse, Khosrav Perviz, rencontre Shirin qui vient de se baigner et qui procède à sa toilette assise sous un arbre. Le cheval de Shirin paît dans la prairie, et le roi de Perse, étonné de la beauté de la jeune femme, se mord le doigt de surprise.
40 (fol. 100 r°). — Le roi sassanide Khosrav Perviz assis sur le trône, le célèbre Barbed joue du luth devant lui; Shirin, que Khosrav Perviz avait abandonnée et qui s’était mise à sa poursuite.
41 (fol. 120 v°). — Scène dans laquelle on voit Nizami embrassant une jeune fille; quatre autres jeunes filles se tiennent près d’un ruisseau qui coule dans un jardin; à droite de la peinture, on voit le prince Kizil-Shah, l’un des souverains qui sont loués dans le roman de Khosrav et Shirin.
42 (fol. 219 v°). — Le roi Bahram Gour et la fille du roi du second climat assis sous la coupole verte. On comparera la peinture du supplément turc 316 (planche 17) qui reproduit une scène identique, dans un style d’ailleurs très supérieur. Cette scène se reproduit avec les filles des rois des sept climats entre lesquels les Musulmans divisent le monde.
43 (fol. 336 r°). — Le prophète Khidr, envoyé par Alexandre à la recherche de la Fontaine de Jouvence, trouve la source de la vie éternelle.

Manuscrit supplément persan 769.

Poème en mesnévis par Néviï; splendide exemplaire copié pour la bibliothèque de Shah Abbas II (1642-1667).[12]
44 (fol. 17 r°). — Une dame indienne se brûlant vive sur le bûcher de son amant[13], le roi monté à cheval regarde cette scène avec surprise. Les personnages qui figurent dans ce tableau sont vêtus de costumes indiens, mais le style de cette peinture est nettement persan; les langues de feu découpées rappellent les flammes prophétiques de Shoaïb et de Moïse dans les planches 30 et 31. Le roi passe de gauche à droite dans la même posture et avec le même geste que celui de Khosrav rencontrant Shirin (planche 39).

Manuscrit supplément turc 242.

Recueil de deux traités d’astrologie et de divination rédigés par Sidi Mohammed ibn Émir Hasan el-Sooudi pour le sultan osmanli Mourad Khan III; ces deux traités ont été terminés en 1582, et la copie, qui était destinée à la bibliothèque de Fatima Sultane, est contemporaine de cette date.
45 (fol. 7 v°). — Le «Padishah du monde», c’est-à-dire le sultan Mourad III, dans une pièce du harem, avec deux janissaires et deux nains. Tout le fond de la peinture, y compris le bassin et le jet d’eau, est inspiré d’une miniature de l’époque timouride, analogue à celle du manuscrit supplément turc 316, qui est reproduite dans la planche 17. L’artiste a donné dans cette miniature le portrait du sultan Mourad.
46 (fol. 10 v°). — Le signe zodiacal du Taureau, représenté sous les traits d’une femme jouant d’une sorte de harpe et montée sur un taureau. Cette peinture, comme la précédente, a été copiée sur une miniature datant de la toute première époque timouride, comme on le voit par les traits de la femme aux yeux bridés qui joue de la harpe, par son costume et par l’encadrement dans lequel se trouve le signe du Taureau ainsi représenté. Il est à présumer que la femme à cheval sur le taureau est une imitation de la favorite Azadè qui accompagnait Bahram Gour à la chasse en jouant de la harpe et qui se trouve représentée dans le manuscrit des oeuvres d’Ali Shir (voir planche 16). Les petites figures qui se trouvent dans le bas représentent les divisions du signe du Taureau.
47 (fol. 87 v°). — «L’Ange doré «, esprit infernal, avec les deux talismans qui servent à l’évoquer.

Estampes OD 45.

Recueil de peintures indiennes destinées à servir à l’illustration de l’Istoria de Mogol de Nicolao Manucci[14], exécutées par Mir Mohammed, de la cour de l’empereur timouride de l’Indoustan, et copiées par lui sur des miniatures conservées dans le trésor impérial. Ces copies sont d’une splendide exécution.[15]
48 (n° 3).- Tamerlan, l’ancêtre de la dynastie des Grands-Mogols, empereurs de l’Indoustan, entouré d’un décor de soldats indiens du XVII siècle. Le type nettement tartare du conquérant, son armure et son casque qui diffèrent complètement de l’équipement des soldats qui l’entourent, et qui présentent les plus grandes similitudes avec l’accoutrement des guerriers représentés dans la planche 18, montrent suffisamment que cette peinture a été copiée sur un original qui remontait à l’époque timouride et qui était très vraisemblablement un portrait authentique de Tamerlan.
49 (n° 8). — L’empereur Bâber, fondateur de la dynastie des Grands-Mogols, entouré de soldats indiens du XVII siècle.
50 (n° 15). — Bolaqui, autrement nommé Khosrav, fils aîné de l’empereur Djihanguir, entouré de servantes, de musiciennes et de danseuses. «Pour imiter la vie de son Père qu’il passoit en divertissements il donna lieu à son frère d’usurper le Royaume et pour cela on ne lui donna pas dans les Croniques le tiltre de Roy, pour sauver sa vie il s’enfuit en Perse où le Roy l’entretint jusque à la fin de sa vie».
51 (n° 19). — Sultan Azam Shah, troisième fils de l’empereur Aurengzeb, se rendant à la chasse; il tient sur le poing gauche un gerfaut qu’il va lancer sur un groupe de flamants; soldats indiens du XVII siècle, fauconniers et valets de chiens. «C’est luy qu’Aurengzeyb fist arrester dans la forteresse par ce qu’il soupçonnoit qu’il vouloit s’enfuir à Bengale c’est luy qui maria Jennie Begum Fille de Dara sa cousine germaine. Ce prince est fort colere de son naturel debauché rude et incivil a tout le monde, avare…».
52 (n° 26). — Shaïstè Khan. «C’est luy qui fut outragé de Châh-Djéhân par l’affront qu’il luy fit en touchant à son honneur, il fut beaupere de Aurengzeyb, c’est luy qui luy rendit de si grands services pour monter sur le Trône, c’est lui qui étant vice-Roy et General de Dacan sortit blessé dumilieu des gens de Sevagy c’est luy qui gouverna Bengale et envoya trois cents de charettes chargées d’argent et cinquante d’or a Aurengzeyb c’est luy qui laissa six cents millions à Aurengzeyb fit libres mille femmes, et les pourvut de bien, etc. Il naquit l’an 1600 et mourut en 1695; il fut enterré dans le sepulcre de son père Acefkhan a Agra».
53 (n° 55). — Deux dames indiennes sur une terrasse, deux servantes et une musicienne. On lit comme notice de cette miniature: «On peut remarquer en cette Peinture celles des femmes de l’Industan, Mahometanes et leurs manières de s’habiller elles s’adonnent beaucoup à la dance a la musique et aux banquets avec cela Elles aiment a boire quand elles en trouvent l’occasion elles sont très amoureuses, charitables et pleines de compassion, elles sont curieuses de voir de jeunes gens Gaillards et sont fort liberalles envers eux».

Estampes. OD 43.

Recueil de peintures indiennes.
54 (n° 39). — Cette peinture, dans laquelle on voit des dames indiennes au bain, un prince timouride à cheval accompagné de plusieurs personnages, représente probablement une interprétation indienne d’une scène classique dans la peinture persane, qui illustre l’un des poèmes les plus célèbres de Nizami, la rencontre du roi sassanide Khosrav Perviz et de Shirin dont on a vu un très beau spécimen à la planche 39. Dans cette hypothèse, la dame aux formes opulentes qui se voile d’un drap représente Shirin. Cette peinture est probablement de la fin du XVII siècle.
55 (n° 41). — Un prince indou portant le costume des Grands-Mogols, souverains de l’Indoustan, assis en face d’une musicienne et entouré d’autres femmes. Cette peinture représente peut-être un épisode, traité très librement, à l’indienne, du roman de Djami, dans lequel sont narrées les amours de Joseph et de Zouleïkha, femme de Putiphar. Cette peinture est probablement de la fin du XVII siècle.

Estampes. OD 44.

Recueil de peintures indiennes dont plusieurs étaient peut être destinées à l’illustration d’un manuscrit des cinq poèmes de Nizami; cet exemplaire a été acquis aux Indes par le colonel Gentil.
56 (n° 6). — Femmes indiennes sur la terrasse d’un palais.
57 (n° 13). — Un prince indien assis en compagnie d’une femme, avec des musiciennes, sur la terrasse d’un palais qui domine un fleuve.
58 (n° 18). — Deux dames indiennes assises, avec deux musiciennes, sur une terrasse qui domine un fleuve.
59 (n° 25). — Un prince indien et une jeune femme à cheval accompagnés d’un serviteur, dans une nuit très sombre. Les personnages qui figurent dans cette peinture ressortent d’une façon extraordinaire; on y remarque l’imitation de la perspective des tableaux européens, et elle est signée: Faïz-Allah.
60 (n° 29). — L’archange Gabriel venant réveiller le prophète Mahomet pour lui faire exécuter son ascension au ciel.
61 (n° 31). — Le coucher de la mariée.
62 (n° 32). — Interprétation indienne d’une des scènes classiques du roman des amours de Joseph et de Zouleïkha. Zouleïkha est assise sur un trône, ayant derrière elle une femme qui tient un chasse-mouches. Des dames égyptiennes en visite chez elle pèlent des oranges; Joseph, réduit au rôle de serviteur, entre et sa beauté fait une telle impression sur les dames égyptiennes que, dans leur étonnement, elles se tailladent les doigts avec leurs couteaux.
63 (n° 44). — Un empereur de l’Inde de la dynastie des Grands-Mogols assis sous un dais avec une femme; il fume le hokka; plusieurs servantes; deux femmes pulvérisent de l’eau pour rafraîchir l’air. Ces miniatures, qui ne sont pas datées, remontent très vraisemblablement, comme celles de Manucci, à la fin du XVII siècle.

Manuscrit supplément persan 1029.

Recueil des cinq poèmes en vers mesnévis de Nizami, daté de 1619 (voir les planches 38-43).
64 — Reliure en carton laqué jaune ornée de peintures d’une exécution parfaite. Toute la partie en laque de cette reliure est une restauration d’une reliure primitive dont il ne reste plus aujourd’hui que l’octogone central avec les huit petits cartouches qui sont dans le prolongement de ses rayons.
La reliure primitive, qui était évidemment du commencement de l’époque des Timourides, était formée tout entière d’entrelacs noirs sur un fond bleu, identiques à ceux que l’on voit dans l’octogone central; à chacun de ses angles, et aux angles du petit octogone inscrit dans le grand, se trouvaient des pierres précieuses qui ont été arrachées, mais dont on voit encore distinctement les sertissures. Les plats intérieurs de la reliure de beaucoup de manuscrits de grand luxe, qui remontent à l’époque timouride, sont ainsi formés d’entrelacs découpés sur fond bleu.


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